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Bac : Les sujets de 2008 |
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Classement par année
Classement par série
Classement par objet
d'étude
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Sujet & Corrigé
L'eau
potable avant le portable
(Loïc Fauchon est gouverneur du conseil mondial de l'eau, et donc
responsable du bon déroulement du 3ème Forum mondial de l'eau qui se
tient jusqu'au 23 mars à Kyoto, au Japon; il répond aux questions d'un
journaliste.)
Combien de personnes,
actuellement dans le monde, ne disposant pas d'eau, et dans quelles
zones la situation est-elle la plus grave ?
On estime qu'il y a aujourd'hui 1,5
milliard de personnes qui n'ont pas accès à l'eau pour vivre
normalement. Mais le double, près de 3 milliards ne disposent pas
d'un assainissement convenable. Avec le développement des mégacités,
c'est à la périphéries des grandes villes que se situent les
problèmes majeurs. Parfois, il y a de l'eau, mais elle est polluée.
Quelles sont les conséquences de
ces pollutions de l'eau ?
Au lieu de régresser, les maladies
favorisées ou transportées par les eaux infectées ne font
qu'augmenter. La malaria est la plus connue, mais on voit se
multiplier les cas de bilharziose, de diarrhées, de typhoïde. (...).
Actuellement, la mauvaise eau est la première cause de mortalité
dans le monde.
Qui pollue l'eau ?
Tout le monde : les industries,
dont les effluents* sont chargés de produits dangereux,
comme les métaux lourds, l'agriculture, qui utilise de plus en lus
de pesticides et d'engrais, et les habitants des villes, dont les
eaux usées partent plus au moins directement dans les rivières.
(...) Il faut traiter ces eaux. Or c'est ce qui coûte le plus cher.
L'ensemble des investissement,
publics et privés, pour l'eau dans le monde représente 5 % du total
des investissements, alors que ceux du secteur des
télécommunications s'élèvent à 52 %. Cette différence n'est-elle pas
scandaleuse ?
Elle est en tout cas inacceptable.
J'ai l'habitude de dire: "L'eau potable avant le portable" ou les
"robinets avant les fusils". C'est une question de choix politique.
(...) Michel Camdessus, ancien directeur du Fonds Monétaire
International, écrit qu'il faudrait investir 180 milliards de
dollars par an. Mais il admet que nous ne sommes capables de mettre
sur le table que 80 milliards chaque année. Il faut donc en trouver
davantage et, pour cela, mieux gérer l'argent existant et faire
vraiment de l'eau une priorité, ce qui, actuellement, n'est pas le
cas.
La réunion de Kyoto réussira-t-elle à mettre en place les bases
d'une politique mondiale de l'eau ?
Nous souhaitons tous établir un
certain nombre de règles de base. (...) D'abord, la question du
droit à l'eau devrait être inscrite dans les constitutions. Ensuite,
la loi devrait obliger les distributeurs à donner gratuitement un
minimum vital à ceux qui ne peuvent payer.
Propos
recueillis par Pierre GANZ et Françoise MONIER, L'Express du 23
mars 2003.
QUESTIONS
I- COMPRÉHENSION : (14
points)
1- Dans ce texte, on :
- donne des informations sur
l'eau
- raconte l'histoire de l'eau
- exige une bonne gestion de
l'eau
- décrit le cycle de l'eau.
Recopie les deux bonnes
réponses.
2- Des milliards d'êtres
humains ne peuvent accéder à l'eau.
Pourquoi ?
(Relevez deux causes)
3- « On estime qu'il
y a aujourd'hui ... »
A quelle période renvoie «
aujourd'hui ... »
?
4-Complétez le tableau suivant en relevant du texte 02 causes et
02 conséquences :
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Causes
de la pollution de l'eau
|
Conséquences
de la pollution de l'eau
|
-
...................
-
...................
|
-
...................
-
...................
|
5- Les responsables
investissent plus pour les télécommunications que pour l'eau.
Quelle phrase du texte exprime cette idée ?
6-
« J'ai
l'habitude de dire."»
A qui
renvoie le pronom personnel souligné ?
7-
« Les robinets avant les
fusils. »
Que veut dire l'auteur par cette expression ?
8- Parmi les propositions suivantes, quelles sont celles qui
sont fidèles au texte ? Recopiez-les.
- Les eaux polluées doivent être
traitées.
- Le problème de l'eau est une priorité pour les pays riches.
- Le droit à l'eau est inscrit dans les constitutions.
- L'eau doit être gratuite pour les pauvres.
I- PRODUCTION
ECRITE : (06 points)
Traitez l'un des deux sujets au choix :
1- Suite à de fréquentes coupures
d'eau, les habitants de votre cité ou de votre quartier veulent
adresser une réclamation à l'entreprise de distribution de l'eau
potable et aux journaux nationaux. Ils vous chargent de cette tâche.
Rédigez un texte dans lequel vous
dénoncerez ce problème en mettant l'accent sur ses causes, ses
conséquences et ses solutions.
2- Vous avez lu cette interview dans l'hebdomadaire
« L'Express
» et vous décidez d'informer vos
camarades du contenu de ce texte à travers le journal de
l'établissement consacré entièrement au 22 mars, journée mondiale de
l'eau.
Faites le compte-rendu objectif de
ce texte.
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Sujet & Corrigé
Le déplacement
touristique est souvent présenté par les organismes internationaux et
les responsables politiques comme un moyen de rencontre et d'échange, un
facteur de compréhension mutuelle entre les peuples,
« une force vitale
pour la paix. »
Mais il suffit d'observer les effets réels de l'intrusion
touristique pour se rendre compte que ces chances sont fréquemment
gâchées et que ces objectifs idylliques sont loin d'être atteints :
certains parlent même d'une "impossible rencontre", notamment dans les
zones sous-développées. Une situation de dépendance économique vis-à-vis
des pays pourvoyeurs de touristes et leurs grandes entreprises de voyage
ne crée pas évidemment les conditions nécessaires pour un échange
équitable : les attitudes d'animosité et de rejet sont renforcées par le
sentiment de colonisation éprouvée dans les régions soumises à une forte
exploitation touristique qui se voient dépossédées de leur patrimoine et
n'ont pas les moyens d'organiser elles-mêmes la mise en valeur.
De plus, la publicité et les catalogues de voyage donnent du pays
visité une image mythique, toujours très réductrice par rapport à la
réalité, avec une dissimulation systématique des problèmes économiques
et sociaux. Le voyageur sous-informé à qui l'on a présenté ces
destinations comme heureuses et disponibles, ces populations comme
éternellement chaleureuses et hospitalières, va se considérer de ce fait
comme un hôte recherché et se conduire fréquemment "comme en pays
conquis": méprisant et grossier avec les autochtones, irrespectueux des
traditions, des rites et des valeurs de la société locale, utilisateur
négligent - mais exigeant - des attraits touristique qui lui sont
présentés...
Ces attitudes sont plus courantes chez les touristes voyageant en groupe,
ayant acheté un "forfait" à un organisateur de voyages que chez les
visiteurs individuels qui entretiennent des contacts plus réguliers avec
les locaux et sont plus intéressés par la découverte authentique d'un
pays différent.
Georges CAZES
Le tourisme international : mirage ou stratégie d'avenir ?
Éditions Hatier 1989
QUESTIONS
I- COMPRÉHENSION : (14
points)
1- Comment le
tourisme est-il perçu par les responsable politiques ?
2- L'auteur
perçoit-il le tourisme de la même manière ?
Justifiez votre
réponse en relevant une phrase du texte.
3- Complétez
le tableau ci-dessous à l'aide des expressions suivantes :
Une force vitale pour la paix - déposséder du patrimoine -
images mythiques - moyen de rencontre -
traditions non
respectées - sentiment de colonisation.
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Tourisme selon les politiques
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Tourisme selon l'auteur
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4- Dans quelles régions le tourisme est-il mal considéré
?
5-
Relevez du texte quatre mots ou expressions qui se
rapportent au champ lexical de
« patrimoine
».
6- L'auteur distingue deux sortes de touristes.
- Quelle est l'attitude de chacun d'eux ?
7- Certaines institutions considèrent le tourisme
comme moyen de communication entre les peuples.
Relevez du
texte une phrase de sens équivalent.
8- « Le voyageur qui qui l'on
a présenté ces destinations...
»
Que remplace "on" dans ce texte ?
9- Quel est le problème posé par l'auteur ?
Quelle forme de tourisme l'auteur favorise-t-il
à la fin du texte ?
I- PRODUCTION
ECRITE : (06 points)
Traitez
l'un des deux sujets au choix :
1-
Dans le cadre d'un échange entre clubs de jeunes de
différents pays, vous voulez présenter les atouts
touristiques (ce qui peut séduire, attirer) de votre région
pour inciter vos correspondants à la visiter.
Rédigez un
texte argumentatif de 15 lignes environ dans lequel vous
présenterez vos arguments appuyés par des exemples précis.
2-
Faites en 10 lignes environs le compte-rendu objectif de ce
texte.
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Sujet & Corrigé
Le
programme nucléaire français a commencé à être mis à l'essai dans le sud
algérien en 1960, date des essais atmosphériques au Sahara. Les
conséquences de ces essais sur l'homme et sur son environnement étaient
bien connues. Les essais nucléaires en Algérie ont totalisé des
explosions de 500 kilotonnes, 130 kilotonnes à Reganne en essais
atmosphériques et 370 kilotonnes à Aïn Iker dans le Hoggar, en essais
souterrains.
A Reggane, les Algériens ramenés du nord du pays où ils furent arrêtés
pour des motifs banals (contrôle d'identité, vagabondage, etc.) furent
affectés aux tâches les plus pénibles. peu informés de l'objet du
travail et couverts de peu de précautions, ils pensaient travailler dans
les mines d'or. (...) Alors que les militaires portaient des
combinaisons spéciales, eux portaient des bleus de travail.
L'objectif de ces premiers essais était d'étudier les effets de la bombe
sur la résistance du matériel militaire et sur la survie du
personnel.(...) L'étude de la survie du personnel dans un environnement
nucléaire a, selon les militaires français, fait appel uniquement à un
échantillon de différents types d'animaux. Or, les Moudjahidine et à
leur tête l'organisation nationale des Moudjahidine sont formels: les
expérimentateurs français ont bien utilisé des cobayes humains en
l'occurrence des prisonniers, des femmes enceintes, des enfants et des
vieillards. Des précisions ont même été apportées : "les corps de ces
martyrs attachés à des poteaux à un ou deux kilomètres du lieu de
l'explosion ont été retrouvés durcis comme du plastique." (1)
Le
bilan de ces essais de révéla lamentable : un nuage chargé de particules
radioactives est arrivé à Niamey, capitale du Niger. Des chutes de pluie
noire furent signalées le 16 février 1960 sur le sud du Portugal puis le
lendemain sur le Japon. Ces pluies avaient une activité radioactive deux
fois supérieure à la normale.
En
dehors des accidents qui ont touché les personnes travaillant pour le
compte des expérimentateurs, de nombreux témoignages font état de
conséquences graves sur la santé de la population de la région. Un
nombre impressionnant de cancers a été enregistré par la suite,
notamment des cancers de la peau. Un nombre important d'atteintes
oculaires, avec de nombreux cas de cécité, a été noté, principalement
chez les personnes qui, par manque d'information, ont retardé sans
protection l'explosion de la bombe. La courbe de mortinatalité*
a subi une ascension fulgurante puisque plusieurs femmes ont perdu leurs
bébés; on assista également à la naissance d'enfants malformés.
L'agriculture et l'environnement furent également touchés et à jamais
par ces essais.
La
région de Reganne en subit encore les conséquences car tout le matériel
y compris lourd, les équipements, les animaux qui ont servi aux
expérimentations ont été ensevelis sous des tonnes de sable avant le
départ définitif des Français.
Aujourd'hui, les gens disent se sentir en état de fatigue continuelle.
Les maladies respiratoires, les maladies de la peau, inexistantes il y a
quarante ans continuent de sévir jusqu'à nos jours.
D'après KHIATI Mostefa, Ed. ANEP
2000, p.201
Histoire de la médecine en Algérie, de l'antiquité à nos jours
* mortinatalité : en
démographie, nombre d'enfants mort-nés.
(1) Témoignage recueilli dans
les "essais nucléaires français en Algérie", édité par le centre
national
d'Études et de recherche sur le mouvement national.
QUESTIONS
I- COMPRÉHENSION : (12
points)
1- Quelles informations apporte
le premier paragraphe sur la date et le lieu des faits cités par
l'auteur ?
2- Que montrent les chiffres
donnés dans le 1er paragraphe ?
3- Complétez
le tableau à l'aide du texte.
|
Objectif
des
essais
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Effet sur le
climat
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Conséquence
immédiate
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Conséquences
lointaines
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|
...
|
...
|
...
|
...
|
4- Par qui le matériel, les
équipements et les animaux ont-ils été ensevelis ?
5-
«
Or, les Moudjahidine et à leur tête l'organisation
nationale des Moudjahidine sont formels...
»
Quel rapport logique
introduit "Or" dans ce passage ?
L'auteur a introduit ce
rapport logique pour :
- montrer que les essais
nucléaires n'ont pas fait de victimes.
- montrer que les
expérimentateurs français ont respecté les normes de
sécurité.
- montrer que les
militaires français ont bel et bien utilisé des cobayes
humains.
Recopier la bonne réponse.
6-
« Aujourd'hui,
les gens disent se sentir en état de fatigue continuelle.
»
7-
« Les corps de ces
martyrs attachés à des poteaux à un ou deux kilomètres du
lieu de l'explosion ont été retrouvés durcis comme du
plastique. »
- Que
représentent ces propos dans le texte ?
- Quel
rôle jouent-ils dans le texte ?
8- Quelle est la visée (le but) de l'auteur ?
9- Donnez un titre au
texte.
I- PRODUCTION
ECRITE : (08 points)
Traitez
l'un des deux sujets au choix :
1-
A l'occasion de la célébration de la journée mondiale des
droits de l'Homme, le rédacteur en chef du journal de votre
lycée vous demande de rédiger un texte d'une vingtaine de
lignes pour dénoncer les effets dévastateurs des guerres.
Étayez vos arguments à l'aide d'exemples pris dans
l'actualité.
2-
Vos camarades de lycée ne sont pas informés des essais
nucléaires français en Algérie durant la période coloniale.
Faites, en une dizaine de
lignes, le compte-rendu objectif de ce
texte qui paraîtra dans un dossier sur le thème du nucléaire.
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Sujet & Corrigé
Dans
cette immense prison surpeuplée, dont chaque cellule abrite une
souffrance, parler de soi est comme une indécence. Au rez-de-chaussée,
c'est la « division » des condamnés à mort.
Ils sont là quatre-vingts, les chevilles enchaînées, qui attendent leur
grâce ou leur fin. Et c'est à leur rythme que nous vivons tous. Pas un
détenu qui ne se retourne le soir sur sa paillasse à l'idée que l'aube
peut être sinistre, qui ne s'endort sans souhaiter de toute sa
force qu'il ne se passe rien. Mais c'est pourtant de leur quartier, que
montent chaque jour les chants interdits, les chants magnifiques qui
jaillissent toujours du coeur des peuples en lutte pour leur liberté.
Les
tortures ? Depuis longtemps le mot est à tous devenu familier. Rares
sont ici ceux qui y ont échappé. Aux «
entrants » à qui l'on peut adresser la parole, les questions que l'on
pose sont, dans l'ordre : « Arrêté
depuis longtemps ? Torturé ? Paras ou policiers ? ». Mon affaire est
exceptionnelle par le retentissement qu'elle a eu. Elle n'est en rien
unique. Ce que j'ai dit dans ma plainte, ce que je dirai ici illustre
d'un seul exemple ce qui est la pratique courante dans cette guerre
atroce et sanglante.
Il y a maintenant plus de trois mois que
j'ai été arrêté. J'ai côtoyé durant tout ce temps tant de douleurs et
tant d'humuliations que je n'oserai plus parler encore de ces journées
et de ces nuits de supplices si je ne savais que cela peut être utile,
que faire connaître la vérité c'est aussi une manière d'aider au
cessez-le-feu et à la paix. Des nuits entières, durant un mois, j'ai
entendu hurler des hommes que l'on torturait, et leurs cris résonnent
toujours dans ma mémoire.
Mais, depuis, j'ai encore connu d'autres
choses. J'ai appris la « disparition » de mon ami Maurice Audin, arrêté
vingt-quatre heures avant moi, torturé par la même équipe qui ensuite me
« prit en mains ». Disparu comme le cheikh Tébessi, président de
l'association des Oulémas, le docteur Chérif Zahar, et tant
d'autres.(...)
De l'autre côté du mur, dans l'aile
réservée aux femmes, il y a des jeunes filles dont nul n'a parlé :
Djamila Bouhired, lyette Loup, Nassima Hablal, Malika Khene, et d'autres
encore : déshabillées, frappées, insultées par des tortionnaires
sadiques, elles ont subi elles aussi l'eau et l'électricité.
C'est aux « disparus » et à ceux qui, sûrs
de leur cause, attendent sans frayeur la mort, et à ceux qui ont connu
les bourreaux et ne les ont pas craints, à tous ceux qui, face à la
haine et à la torture, répondent par la certitude de la paix prochaine
et de l'amitié entre nos deux peuples qu'il faut que l'on pense en
lisant mon récit, car il pourrait être celui de chacun d'eux.
Henry ALLEG, La Question
Paris, 1980, Les éditions de Minuit, p.13,18
QUESTIONS
I- COMPRÉHENSION : (12
points)
1- A quelle période de
l'Histoire de l'Algérie se rapportent les faits relatés dans le
texte ?
2- A qui l'auteur
s'adresse-t-il ?
3- Pourquoi l'auteur
raconte-t-il ces faits ? Quelle phrase du texte justifie votre
réponse ?
4- Dans ce texte, Henry Alleg
est à la fois auteur, acteur et témoin.
Relevez du
texte une indication pour justifier chacun de ces rôles.
5- Comment les condamnés à mort
manifestent-ils leur courage ? Relevez deux expressions du texte
qui le montrent.
6- Relevez six termes ou
expressions appartenant au champ lexical de
« la torture ».
7- « Et c'est à
leur rythme que nous vivons tous »
« Depuis
longtemps le mot nous est à tous devenus
familier »
« Parler de
soi est comme une indécence »
A qui
renvoient les mots soulignés ?
8- Relevez du texte trois
mots qui désignent les tortionnaires.
9- Transposez la phrase
suivante à la voix active en précisant l'agent de l'action.
« Il
y a maintenant plus de trois mois que j'ai été arrêté.
»
10- Donnez un titre au
texte.
I- PRODUCTION
ECRITE : (08 points)
Traitez
l'un des deux sujets au choix :
1-
A l'occasion de la célébration de la fête de l'Indépendance,
le journal El Moudjahid organise le concours du meilleur
récit historique. Vous y participez.
Rédigez un récit d'une
vingtaine de lignes. Vous raconterez les faits et vous
introduirez le témoignage d'un ancien Moudjahid.
2-
Faites le compte-rendu objectif de ce
texte qui paraîtra dans la page
« Histoire » du journal de votre lycée. Votre compte rendu
comportera une dizaine de lignes.
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Sujet & Corrigé
Entre
colonisateur et colonisé, il n'y a de place que pour la corvée,
l'intimidation, la pression, la police, l'impôt, le vol, le viol, les
cultures obligatoires, le mépris, la méfiance, la morgue, la suffisance,
la muflerie, des élites décérébrées, des masses avilies.
Aucun
contact humain, mais des rapports de domination et de soumission qui
transforment l'homme colonisateur en pion, en adjudant, en
garde-chiourme et l'homme indigène en instrument de production.
A mon
tour de poser une équation : colonisation = chosification*.
J'entends la tempête. On me parle de progrès, de
« réalisations », de maladies guéries, de
niveaux de vie élevés au-dessus d'eux mêmes.
Moi, je parle de sociétés vidées
d'elles-mêmes, de cultures piétinées, d'institutions minées, de terres
confisquées, de religions assassinées, de magnificences artistiques
anéanties, d'extraordinaires possibilités supprimées.
On me lance à la tête des faits, des
statistiques, des kilométrages de routes, de canaux, de chemins de fer.
Moi, je parle de milliers d'hommes
sacrifiés au Congo-Océan. Je parle de ceux qui, à l'heure où j'écris,
sont en train de creuser à la main le port d'Abidjan. Je parle de
millions d'hommes arrachés à leur terre, à leurs habitudes, à leur vie,
à la vie, à la danse, à la sagesse.
Je parle de millions d'hommes à qui l'on a
inculqué savamment la peur, le complexe d'infériorité, le tremblement,
l'agenouillement, le désespoir.
On m'en donne plein la vue du tonnage de
coton ou de cacao exporté, d'hectares d'oliviers ou de vignes plantées.
Moi, je parle d'économies naturelles,
d'économies harmonieuses et viables, à la mesure de l'homme indigène, de
cultures vivrières détruites, de sous-alimentation installée, de
développement agricole orienté selon le seul bénéfice des métropoles, de
rafles de produits, de rafles de matières premières.
On se targue d'abus supprimés.
Moi aussi, je parle d'abus, mais pour dire
qu'aux anciens - très réels - on en a superposé d'autres, très
détestables. On me parle de tyrans locaux mis à la raison; mais je
constate qu'en générale ils font très bon ménage avec les nouveaux et
que, de ceux-ci aux anciens et vice-versa, il s'est établi, au détriment
des peuples, un circuit de bons services et de complicité.
On me parle de civilisation, je parle de
prolétarisation et de mystification.
Aimé Césaire, Discours
sur le colonialisme
Présence Africaine, 1970.
* chosification : le
fait de considérer l'être humain comme une chose, le
déshumaniser.
QUESTIONS
I- COMPRÉHENSION : (13
points)
1- Relevez du texte deux mots
ou expressions qui permettent de situer géographiquement les
lieux dont parle l'auteur.
2-
« l'homme indigène »
:
Cette expression renvoie à un mot du premier paragraphe.
Relevez-le.
3-
« On me parle.....»
« Moi, je parle..... »
Qui est désigné par chacun des mots soulignés ?
4- a) Quel est le point de vue
d'Aimé Césaire sur la colonisation ?
b) Quelle
est l'idée qu'il rejette ?
5- Complétez
le tableau à l'aide d'exemples pris du texte (2 par
colonne).
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Souffrance morale
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Déculturation
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Dépossession des
richesses naturelles
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-
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-
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-
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-
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-
|
- |
6- Dans quel but l'auteur
a-t-il choisi les éléments du tableau ci-dessus ?
7- Au nom de qui l'auteur
parle-t-il ?
8- Trouvez un titre. Votre titre sera court et mettra en
évidence la visée du texte.
I- PRODUCTION
ECRITE : (07 points)
Traitez
l'un des deux sujets au choix :
1-
Article premier de la Déclaration Universelle des Droits de
l'Homme : « Tous les êtres
humains naissent libres et égaux en dignité et en
droits. Ils sont doués de raison et de conscience et
doivent agir les uns envers les autres dans un esprit de
fraternité.»
Soixante ans après sa
promulgation, la Déclaration Universelle des Droits de
l'Homme est-elle respectée aujourd'hui ?
Vous présenterez votre
point de vue sur cette question en une quinzaine de
lignes dans un article pour le journal du lycée. Pour
illustrer vos arguments, vous prendrez des exemples de
l'actualité et de votre vie quotidienne.
2-
Faites, en une dizaine de
lignes, le compte-rendu objectif de ce
texte.
Ce compte rendu
paraîtra dans un dossier consacré aux méfaits de la
colonisation.
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Sujet & Corrigé
Le
colloque sur deux figures de la résistance du peuple algérien, à la
colonisation, qui se tient depuis samedi à Bordj Bou Arreridj a été
marqué par plusieurs interventions qui ont levé le voile sur ces deux
personnalités historiques.
A ce
titre, MM Ali Mokrani et Ahmed El Haddad, deux des descendants de ces
glorieux chefs de la résistance, ont souligné hier que
« El Hadj El Mokrani et Cheikh El Haddd ont
cristallisé par leurs révoltes armées, les fondements de la société
algérienne à cette époque, et leur combat a eu une influence sur toute
la région des hauts-plateaux et du Sud algérien».
Cependant, si la vie des deux hommes est
connue et leur influence sur les tribus redoutée par l'occupant
français, ce sont les conséquences terribles de la répression qui a
suivi la révolte de 1871 qui ont été relevées par les orateurs lors
d'une conférence organisée à Bordj Bou Arreridj, en marge du colloque
consacré à l'insurrection de 1871.
Ils ont ainsi rappelé comment l'occupant a
« séquestré tous les biens de toutes natures, collectifs et individuels,
et exproprié de leurs terres les familles El Mokrani, El Haddad, les
tribus et tous ceux qui ont pris part à la révolte ».
Dans le même temps, le colonisateur a
procédé à des déportations vers des pays lointains comme la Nouvelle
Calédonie. Il a également emprisonné tous les Algériens ayant participé
de près ou de loin à la lutte armée menée par les deux hommes.
Le débat qui a suivi la conférence a
également mis en exergue l'action de la confrérie Rahmania et des
zaouias qui ont joué un rôle primordial dans la résistance et dans
d'autres luttes armées et politiques jusqu'au déclenchement de la
révolution de Novembre 1954.
Des témoignages qualifiés d'importants ont
été apportés par les conférenciers sur la vie des deux hommes qui
entretenaient des relations bien avant proclamation de la lutte armée
contre l'occupant en 1871.
El Hadj Mohamed El Mokrani, tombé au Champ
d'honneur le 5 mai 1871, près de Aïn Bessem, est enterré à la Kalaâ de
Beni Abbès à Béjaïa. A sa mort, l'insurrection se poursuivra jusqu'en
janvier 1872.
Cheikh El Hadda, quant à lui, est mort en
prison le 29 avril 1873 et a été enterré à Constantine. Il avait
souhaité reposer à Seddouk, son village natal, mais ses dernières
volontés ne furent pas respectées par l'occupant, par peur d'en faire un
symbole de la résistance.
EL MOUDJAHID, Dimanche 12
Décembre 2004
QUESTIONS
I- COMPRÉHENSION : (13
points)
1- L'auteur de ce texte est :
- un historien
- un journaliste
- un témoin anonyme
Recopiez la bonne réponse.
2- A quels moments renvoient
l'adverbe « hier
» et l'expression «
à cette époque »
dans le deuxième paragraphe du texte ?
3-
Relevez du texte 4 termes ou expressions relatifs à la guerre.
4-
« Ils ont ainsi rappelé comment l'occupant
a "séquestré tous les biens .............. les familles El
Mokrani, El Haddad, les tribus et tous ceux qui ont pris part à
la révolte ».
« Il
avait souhaité reposer à Seddouk, .............. par peur d'en
faire un symbole de la résistance. »
A qui renvoie chacun des pronoms soulignés ?
5-
« Tous ceux qui ont
pris part à la révolution ».
A part
El Mokrani et El Haddad, qui est désigné par le pronom
souligné ?
6- Les français ont chassé
de leur pays des algériens qui ont aidé les deux chefs de la
résistances.
Relevez
du texte une phrase qui exprime la même idée.
7- Dans quel but ce texte
est-il écrit ?
8- Donnez un titre à ce texte. Relevez du texte une phrase
qui justifie votre choix.
I- PRODUCTION
ECRITE : (07 points)
Traitez
l'un des deux sujets au choix :
1-
Votre lycée porte le nom d'un "chahid". Votre professeur
vous demande d'écrire un texte qui fera connaître ce
héros de la Révolution. Ce texte paraîtra dans le
journal de votre établissement.
Rédigez cet article de
presse. (15 lignes environ)
2-
Vous participez à un débat sur la colonisation. Vous
rédigez un texte d'une quinzaine de lignes dans lequel
vous dénoncez les méfaits de la colonisation.
Vous appuierez vos
arguments à l'aide d'exemples.
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